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Les incertitudes

Ce qui, dans une entreprise de cette nature, n’est pas acquis d’avance, et la manière dont ces questions sont traitées avant qu’elles ne deviennent des difficultés.

Deux artisans au travail dans un atelier de la medina de Fes

La demeure n’est pas encore acquise

Le projet porte aujourd’hui sur un programme et non sur un immeuble, et la recherche se conduit à Fès avec l’assistance de professionnels qui connaissent la médina, son marché et les usages qui s’y attachent.

Une année environ est réservée à ce travail, avant tout engagement de construction : reconnaissance des lieux, relevés, avis juridiques sur la propriété et sur les autorisations. C’est le seul temps du projet dont l’issue reste ouverte, et il est conçu pour cela.

Un chantier ancien ne se conduit pas au calendrier

Relever une demeure de la médina selon les techniques traditionnelles demande des années plutôt que des mois, et les entreprises capables de le faire travaillent à un rythme qui ne s’accélère pas sans que l’ouvrage en souffre.

Les grands chantiers de restauration menés à Fès depuis trente ans le confirment tous. Le calendrier du projet est établi sur cette durée réelle, et la maison préfère ouvrir plus tard qu’ouvrir mal.

Le revenu annuel demande une réponse durable

Une maison de cette sorte se finance sans peine excessive tant qu’il s’agit de l’acquérir et de la relever. Ce qui décide de son sort est la dépense qui revient chaque année : les maîtres, ceux qui apprennent, l’entretien d’un bâtiment ancien.

Les ressources propres y contribuent sans y suffire seules, et par construction : les productions des ateliers arrivent tard, puisque ceux qui apprennent ne font pas d’emblée ce qui se vend ; l’accueil est tenu par règle au-dessous du seuil où la maison commencerait à s’organiser autour de ses hôtes.

La réponse est la constitution d’une dotation de biens de rapport, selon la tradition juridique du pays, dont le revenu entretient l’institution sans dépendre de la générosité de chaque génération. C’est la question sur laquelle un concours est le plus utile, et celle que la maison souhaite régler tôt.

Les maîtres sont peu nombreux

Les hommes qui tiennent encore certains de ces métiers dans leur forme ancienne se comptent, à Fès, par unités plutôt que par dizaines, et ils avancent en âge.

C’est la raison d’être de la maison, et c’est aussi ce qui commande son calendrier : chaque année sans transmission est une année où un maalem vieillit sans avoir transmis, et où un jeune homme s’en va sans avoir rien reçu.

Ce que l’on fait avant de s’engager

Aucune acquisition n’est conclue avant que l’état du bâti, le régime de la propriété et les autorisations requises ne soient établis par des professionnels du lieu, et les provisions inscrites au budget pour les ouvrages incertains sont calculées par prudence plutôt qu’au plus juste.

Le financement viendra principalement de personnes et de familles plutôt que d’institutions, et le calendrier comme la conduite du projet sont établis en conséquence.

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