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SOUTENIR

Ce qu’il faut

Ce dont la maison a besoin pour commencer, ce dont elle a besoin pour durer, et les formes sous lesquelles on peut y contribuer.

Maitres au travail sur un chantier de la medina

Deux besoins de nature différente

Une maison de cette sorte a deux besoins qui ne se confondent pas, et qu’il faut présenter séparément parce qu’ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes ni ne se satisfont par les mêmes moyens.

Le premier est un besoin de capital, et il se règle une fois : acquérir la demeure, la relever selon les règles de l’art, équiper les ateliers, et disposer de quoi vivre la première année avant que la maison ne produise rien. Ce besoin est important, mais il est borné, et une fois couvert il ne se représente pas.

Le second est un besoin de revenu, et il ne se règle jamais : payer les maîtres, nourrir et loger ceux qui apprennent, entretenir un bâtiment ancien, tenir la maison en ordre. Il revient chaque année, aussi longtemps que la maison existe, et c’est lui qui décide si elle survivra à ceux qui l’ont fondée.

Ce qu’il faut pour commencer

Avant toute acquisition, il faut savoir si la maison peut exister. Cela suppose de repérer la demeure, de s’en assurer la disponibilité pour le temps nécessaire, de faire lever l’état des lieux et vérifier ce que le bâti permet, et de recueillir auprès de professionnels de Fès les avis juridiques et techniques que l’opération demande. C’est un travail d’une année environ, et c’est le seul dont l’issue soit incertaine, puisqu’il peut conclure que la maison ne se trouve pas, ou ne se trouve pas à ces conditions.

Ce premier temps est aussi le seul où l’argent engagé peut être perdu sans rien laisser. Il est modeste au regard de l’ensemble, et il est précisément celui qu’un soutien clairvoyant financera en premier, parce qu’il achète l’information dont tout le reste dépend.

Ce qu’il faut pour bâtir

Vient ensuite le capital proprement dit. La demeure, d’abord, acquise ou apportée. Sa restauration, confiée à des entreprises de Fès selon les techniques traditionnelles, sur une durée qui se compte en années plutôt qu’en mois, car un chantier de cette nature ne s’accélère pas sans se dénaturer. Les installations, qui dans une maison ancienne se dissimulent et coûtent d’autant. L’équipement des premiers ateliers. Et une réserve pour la première année de fonctionnement, pendant laquelle la maison dépense sans encore rien recevoir.

Le montant en est établi, poste par poste, avec les fourchettes qui conviennent à un projet dont la demeure n’est pas encore trouvée, et il est communiqué à ceux qui envisagent de soutenir la maison. Il n’est pas publié ici, car un chiffre affiché avant que l’immeuble soit connu serait une promesse que rien ne garantit.

Ce qu’il faut pour durer

Le revenu annuel est la véritable question, et la maison ne prétend pas l’avoir entièrement résolue. Elle entend y répondre par plusieurs sources, dont aucune ne suffit seule et dont la réunion fait la sécurité.

Une dotation

Dans la tradition juridique du pays, un bien de rapport — des boutiques, un entrepôt, des logements — peut être constitué en fondation perpétuelle afin que son revenu entretienne une institution ; c’est ainsi que des écoles et des bibliothèques ont vécu pendant des siècles sans dépendre de la générosité de chaque génération. Une dotation de cette nature règle la question au lieu de la reporter.

Le travail des ateliers

Les productions se vendent. La source est cohérente avec la vocation de la maison, mais elle vient tard, car ceux qui apprennent ne produisent pas d’emblée ce qui se vend.

L’accueil

Les séjours et les stages apportent un revenu réel, tenu par règle au-dessous du seuil où la maison commencerait à s’organiser autour de ses hôtes.

Une activité voisine

Distincte de la maison par ses comptes et par ses murs, elle est plafonnée par statut à une fraction des ressources annuelles, afin que la maison n’en dépende jamais.

Les formes du concours

On peut soutenir la maison de plusieurs manières, et elles ne se valent pas toutes pour les mêmes besoins.

En argent, pour le capital, en une fois ou par engagement pluriannuel. Par l’apport d’un immeuble en pleine propriété, ce qui retire du compte le poste le plus lourd et le plus incertain. Par l’apport d’un immeuble en jouissance, qui coûte moins à celui qui le consent, mais laisse les murs à leur propriétaire et modifie ce que l’on peut promettre sur la permanence : il faut alors dire que celle-ci s’attache à l’institution et non au bâtiment. Enfin, par la constitution en dotation de biens de rapport, qui est la forme la plus utile de toutes puisqu’elle répond au besoin que rien d’autre ne couvre, et qui, pour une famille de la médina possédant de tels biens, engage moins qu’un versement de valeur égale.

Chacune de ces formes est reçue, et chacune est nommée pour ce qu’elle est. Aucune n’ouvre de droit sur la maison, sur l’admission de quiconque, ni sur la conduite de la vie qui s’y mène : ce point est écrit dans le règlement, et il vaut pour tous.

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